Dans le registre immense et universel des apparences corporelles, Rina Maruyama, jeune artiste venue du Japon et parisienne d’adoption, prend date.
Unique, son art profond spiritualise une prodigieuse et somptueuse nudité, sacrale et frontale, toujours en apesanteur. Corps d’absolue pureté flottant dans les limbes en constante méditative attitude, en posture chorégraphique, en situation d’extrême féminité, maternité comprise. Corps nus et vibrants, dépouillés de tout sinon de l’essentiel. Un tableau de 10 mètres carrés
impressionne, pour la première fois.
Le corps et l’univers se confondent. Fascinée par le corps humain et sa nudité, elle s’intéresse à toutes ses formes, de sa genèse première au processus de vieillissement. Chaque centimètre carré de ses silhouettes est un microcosme à part entière, vibrant de tension interne et de beauté solaire. Ses peintures de grand format fascinent par leur étrangeté décalée et dégagent une très contagieuse énergie.
Chez Rina Maruyama, le corps, sans attache terrestre, en majesté charnelle, est stellaire, rêvé et contemplatif. Au bord de l’infini, il éblouit l’étendue. Il est pure création mentale. Corps et peinture ne font qu’un. < Christian Noorbergen